Précisions qui auraient dû être liminaires
Il me semble indispensable de fixer les limites de ces confidences. J’aurais dû le faire lors de la rédaction du premier article, mais cette évidence ne m’est apparue qu’aujourd’hui. Tous les récits figurant sur ce blog n’auront pour sujets que les garçons qui ont vraiment compté pour moi, m’ont provoqué des frissons, m’ont ému ou m’ont fasciné. Ceux qui n’ont été qu’un corps exutoire d’un soir ou d’un instant ne seront pas mentionnés. D’abord parce que je n’en ai parfois plus de souvenirs, mais surtout parce qu’ils ne correspondaient pas à mes aspirations profondes. Celles-ci sont particulières, quoique banales dans l’univers gay : je ne tombe amoureux que d’hétérosexuels. La plupart des hommes cités sont maintenant mariés ou l’étaient déjà lors de nos rencontres. Il va sans dire que j’ai toujours vécu seul, je n’ai jamais formé un couple avec aucun d’eux. Ainsi, j’ai profité pleinement de leur présence sans supporter l’affadissement du quotidien. Pour nous voir fréquemment j’ai usé de toutes les ficelles connues, j’en ai employé quelques-uns, pour d’autres je leur ai créé leur propre emploi, restant un conseil très proche. Il y a aussi les salons et séminaires, qui se muent en congés, et les vacances à l’étranger où l’on se retrouve pour dix ou quinze jours. J’ai toujours mis un point d’honneur à ne jamais forcer ou contraindre personne. Si relation sexuelle il y a eut, ce fût toujours par consentement mutuel. D’ailleurs, avec MA, qui hante toujours mes souvenirs, nous avons vécu intensément douze ans côte à côte, sans l’ombre d’un attouchement. Que l’on ne s’y trompe pas, j’ai des besoins physiques que je satisfais dans des lieux de rencontre spécialisés ou avec des call –boys. Néanmoins, j’ai toujours privilégié la satisfaction intellectuelle et artistique (plaisir de l’œil) à la jouissance physique, celle-ci ne pouvant durer plus de quelques minutes… Si ces hétéros ont bien voulu m’accompagner, c’est certainement qu’un fond de bisexualité héritée de leur adolescence sourdait encore*, mais aussi parce que mes exigences physiques sont alors très simplifiées. Je ne souhaite pas qu’ils s’occupent de moi, je préfère explorer ces corps d’hommes jeunes et beaux. Il n’est jamais question de rapport anal, le plus redouté dans les conversations publique, bien que parfois réclamé dans l’intimité.* Je ne m’inscris pas dans ce courant de pensée qui prétend que tout bel homme est homo! Par contre, quelques garçons laissent parfois s’exprimer un désir homophile ponctuel qui peut disparaître définitivement.



Cette année-là, le soleil a brillé plus fort du 22 avril au 6 juillet sur la région. La Méditerrannée n'a jamais été aussi bleue et calme et l'air était chargé de saveurs suaves. Mais, malgré toute l'affection que j'avais pour JT, je doutais d'en être amoureux. Aussi bien n'étais-je jamais las de me repaître de son corps parfait, pour autant, je m'ennuyais de son manque de conversation. Souvent taciturne, mais sans être morose ni boudeur, JT avait peu d'idées à partager. Qu'ai-je à lui reprocher? Rien, assurément, c'est bien moi le fautif, trop exigeant, trop élitiste. Je l'ai aperçu une douzaine d'années plus tard, il avait alors trente sept ans, et j'ai compris que les ans vieillissant son allure svelte, il ne me serait donc plus resté grande attraction pour lui... D'ailleurs, grand bien a fait cette séparation: il est depuis époux et père.



En quelques animations, voici la plupart des mecs que j'ai connu. Malheureusement, les plus anciens, ceux de l'époque où je n'étais pas équipé, n'y sont pas et n'y seront donc jamais. "Il tempo passa e non s'arresta neanche un'ora"















